Côte d’Ivoire : Décès de Francis Wodié
Les conditions réelles de son décès tout comme l’origine du mal qui l’a emporté ne sont pas encore connues. Mais Francis Wodié, ancien président du Conseil constitutionnel et homme de droit émérite a tiré sa révérence, le lundi 03 juillet 2023, à 87 ans.

L’homme aura marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire en se posant comme l’un des plus grands hommes de droit et intellectuel que le pays ait connu.
Rompu aux questions du droit, il a été doyen de la faculté de droit, membre fondateur de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho), et a présidé la section ivoirienne d’Amnesty International de 1985 à 1989. Il a également servi dans l’administration notamment comme ministre de l’Enseignement supérieur de 1998 à 1999, sous Bédié face auquel il s’était déjà présenté à l’élection présidentielle sous les couleurs du Parti ivoirien des travailleurs (Pit), parti qu’il a lui-même fondé.
Homme politique et syndicaliste avéré et aguerri, le fondateur du Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur (Synares) a également été député de la commune de Cocody. Et si son parcours politique quoique plein ne lui a pas toujours réussi, sa carrière d’homme de droit aura certainement été des plus marquantes.
Nommé à la présidence du Conseil constitutionnel à l’issue de la crise postélectorale de 2011 en remplacement de poste Paul Yao N’Dré, il rend sa démission, le 3 février 2015 sans toutefois donner les raisons de cette décision. Du moins publiquement. « Je pense que nous sommes dans un système électoral vicié en Côte d’Ivoire et porteur des germes d’une guerre civile. Cela découle à la fois d’une Constitution adoptée de manière dolosive en induisant en erreur le peuple et d’un code électoral confligène. Ces actes anticonstitutionnels répétés ont justifié ma démission du Conseil constitutionnel », confiera-t-il le 28 août 2020.
Les hommages se sont multipliés après l’annonce de son décès qui survient quelques semaines après celui de Ouattara Gnonzié, président du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage (Rpp), le 8 juin dernier.
Arsène SANOGO
