Suspension immédiate de tous les travaux de remblayage dans le district d’Abidjan
Quel est le sort des entreprises déjà installées sur des sites remblayés et aménagés ?

La décision du Conseil des ministres du mercredi 23 février 2022 de faire suspendre immédiatement tous les travaux de remblayage en cours dans le District d’Abidjan est salutaire mais a besoin de précisions. D’où des interrogations sur le sujet.
Que deviennent toutes les entreprises installées sur les sites remblayés et aménagés à Biétry, Zone portuaire, Koumassi, Songon, Zimbabwé, etc. ? Qu’est-il prévu contre toutes ces entreprises construisant sans permis de construire mais avec des autorisations et permis délivrés par le Port d’Abidjan ?
Pour la façade lagunaire de la baie de Biétry, des drames économiques et environnementaux auraient pu être évités. Georges Fakhoury, impliqué dans un conflit foncier en zone portuaire avec la société d’Etat, depuis 2015, avait donné l’alerte, le 14 mai 2019, dans une lettre ouverte aux gouvernants ivoiriens.
Adressée aux ministres en charge des Transports, de l'Industrie et du Commerce, des Infrastructures économiques, et de la Défense, la lettre du chef d’entreprise de Gero avait pris à témoin l'opinion nationale et internationale sur les risques d’un remblayage sur la baie sans enquête de commodo et incommodo. Presque trois années après, l’Etat accorde du crédit à cette inquiétude d’un riverain et chef d’entreprise rendue publique et partagée par de nombreux autres riverains et entreprises installées en bordure lagunaire sont victimes des prédateurs des baies.
Pour rappel, le Conseil des ministres du 23 février 2022 a pris plusieurs décisions relatives aux remblayages sauvages : la suspension immédiate de tous les travaux de remblayage en cours jusqu’à clarification foncière desdits remblais et leurs impacts environnementaux ; la consultation préalable de l’Administration des Affaires maritimes et portuaires avant la délivrance de toute autorisation de dragage ; la saisie des équipements de dragage fait à des fins de remblayage de la lagune ; l’aménagement et la sécurisation du domaine public fluvio-lagunaire pour empêcher sa recolonisation.
