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Déguerpissement dans le district d'Abidjan: Les victimes et populations menacées s'organisent

Dans le but de défendre leurs droits et revendiquer une indemnisation juste et dans les meilleurs délais, les victimes et populations menacées de déguerpissements dans le District d’Abidjan se sont réunies dans une coalition dénommé Coalition des victimes

Déguerpissement dans le district d'Abidjan: Les victimes et populations menacées s'organisent

Les responsables de cette coalition ont interpellé l'Etat de Côte d'Ivoire sur la nécessité de respecter ses engagements vis-à-vis des populations et préserver les droits des ménages impactés.

C'était le mardi 19 mars 2024, à Cocody lors d'une conférence de presse.

Ils ont condamné la manière dont les opérations de déguerpissement se font à Abidjan, selon eux, sans véritable dialogue entre les differentes parties. En violation de leurs droits et des procédures requises en la matière. Notamment en faisant en amont des campagnes de sensibilisation auprès des populations, une opération d’identification des constructions concernées puis, alors, en communiquant une liste provisoire des populations impactées qui sera validée après vérification et définition des termes de l’indemnisation.

« Une fois indemnisé, on lui donne une mise en demeure d’un commissaire de justice. Si cela est fait il n’y aura pas de problème », a expliqué Sékou Sylla, porte-parole de la Cpvimede-Ci. Puis de préciser : « On peut céder nos espaces pour cause d’utilité publique, pour des projets d’Etat, pour des projets sociaux de base. Mais dire qu’ils vont casser nos bâtiments pour attribuer à des opérateurs économiques pour des constructions de maisons, pour venir construire des magasins, nous n’allons jamais accepter ».

Pour des déguerpissement dans le respect des droits de l'Homme, la Covimede-Ci a fait des propositions.

« Au regard de notre analyse, nous, organisations de la société civile, victimes et menacés de déguerpissement, invitons le gouvernement à suspendre son projet de déguerpissement des zones à risques et des quartiers précaires d’Abidjan. Nous invitons les structures étatiques impliquées à nous accorder une audience afin de définir ensemble un plan de travail. Nous, coalition, exhortons le gouvernement à suspendre tout déguerpissement dans toutes ses formes afin d’éviter une instabilité sociale. Nous, coalition, invitons le gouvernement et particulièrement le président de la République à respecter son serment en ordonnant l’arrêt des déguerpissements abusifs.; la réparation des préjudices causés et la poursuite de cette opération d’assainissement dans le respect de nos textes », a préconisé Sékou Sylla, non sans réclamer la liste définitive des sites à démolir et des précisions sur les dimensions retenues. « Il y va de l’honneur de notre pays si respecté à l’international. La coalition invite le gouvernement à s’approprier la Constitution et les textes régissant les déplacements involontaires de populations et les expropriations pour cause d’utilité publique ». 

Quant à Pulcherie Gbalet, présidente de la Covimede-Ci, elle a souligné l'intérêt de ce combat. Qui, selon elle, n'a pas d'enjeu politique mais porte sur la promotion de la bonne gouvernance, le respect des normes et de la dignité humaine. « On ne s’est pas rassemblés contre quelqu’un. Nous nous sommes réunis pour lutter pour le respect de nos droits », a indiqué Pulchérie Gbalet, par ailleurs présidente de l'Alternative citoyenne ivoirienne (Aci).

Pour ce qui est des cinq mesures prises par l’Etat pour soutenir les populations déguerpis de Boribana et Gesco, Pulchérie Gbalet a souligné qu'elles sont insuffisantes, dérisoires et pas justes. « Parce que ce que nous revendiquons, c’est l’article 11 de la Constitution qui stipule que ‘’le droit de propriété est garanti à tous. Nul ne doit être privé de sa propriété si ce n’est pour cause d’utilité publique et sous la condition d’une juste et préalable indemnisation’’ », a-t-elle dit. Puis de mettre en cause la cellule d’aménagement créee par le gouvernement. « Une cellule qui est sensée être une cellule d’aménagement ne saurait avoir pour mission principale le suivi de déguerpissement. Parce qu’entre le déguerpissement et l’aménagement, c’est le jour et la nuit », a-t-elle souligné.

Teddy Magui

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